Publié le 06/01/2026 Vu 409 fois
Petit résumé non exhaustif des actualités de l’année passée
2025 a été marquée par le retour dans notre inventaire départemental d’une espèce nicheuse qui en avait disparu il y a quelques décennies : le Petit-duc scops !
L’étude Chevêche-Petit-duc lancée ce printemps a connu un grand succès (500 points d’écoute) et a permis d’identifier au moins 70 nouvelles communes habitées par la Chevêche d’Athéna ! Les écoutes nocturnes ont également révélé la présence de deux mâles de Petit-duc scops chanteurs. Cet insectivore, thermophile et migrateur, est donc de retour en Grande Beauce après une longue absence. Commun autrefois, il avait régressé jusqu’à disparaitre complétement à cause de l’industrialisation de l’agriculture. Les derniers couples nicheurs avaient été notés à la toute fin du XXème siècle. Actuellement, le Petit-duc scops semble réinvestir doucement le sud de la Région Centre-Val de Loire, peut-être à la faveur du réchauffement climatique…
Parmi les espèces nicheuses rares présentes dans le département en 2025, citons le Blongios nain, le Héron pourpré et la Cigogne noire. Des indices sans preuve ont été obtenus chez le Hibou des marais, l’Elanion blanc, la Rousserolle turdoïde, la Fauvette pitchou et la Pie-grièche à tête rousse.
Notons plusieurs espèces nicheuses en expansion : le Cisticole des joncs (15 nouvelles communes, jusqu’à Coullons et Saint-Brisson-sur-Loire à l’Est), la Bouscarle de Cetti (8 nouvelles communes le long de l’Ouanne, de la Cléry, de la Bonnée, de l’Essonne, du Loiret, du Petit Ardoux et de la Loire) et le Tadorne de Belon (nouveau site en Beauce). La présence du Râle d’eau dans la vallée de la Rimarde (et dans celle de l’Œuf) est peu documentée : l’observation de 2 individus en juillet 2025 à Yèvre-la-Ville est donc intéressante.
La découverte, en juin, d’un nouveau cadavre de Grand-Duc d’Europe prouve que l’espèce continue à visiter notre département et laisse espérer une installation prochaine. Des couples nicheurs sont présents dans les départements voisins.
La Loire a été accueillante durant tout le printemps pour les nicheurs ligériens, notamment les Mouettes rieuses et mélanocéphales qui ont pu se reproduire avec succès (débits mensuels maximaux à Orléans : 308 m3/seconde le 9 mai, 178 le 9 juin). Seul bémol : l’extrême concentration des couples sur une seule colonie ligérienne (Bou) et une autre en vallée du Loing (Cepoy). A Bou, plus de mille jeunes mélanocéphales et plusieurs centaines de jeunes rieuses ont pris leur envol cet été.
Faits notables : un couple de Goélands leucophées a niché avec succès en dehors de la Loire (Dry, 2 juvéniles), un couple mixte Goéland leucophée/Goéland brun a été noté à Beaugency et au moins trois nichées de Fuligules morillons ont été observées sur le fleuve à Bou (dont 3 jeunes élevés par un couple de Canards colverts). Ce canard recherche souvent la proximité des colonies de laridés pour nicher.
Les Sternes pierregarins et naines ont connu un succès de reproduction correct mais avec des effectifs toujours inférieurs à ceux d’avant la grippe aviaire (198 couples de pierregarins et 119 couples de naines).
Le niveau du fleuve a aussi favorisé la reproduction du Chevalier guignette : des indices de nidification probable ont été notés à Baule, Germigny-des-Prés, Saint-Père-sur-Loire, Dampierre-en-Burly et Saint-Gondon. Deux familles ont même été observées (3 poussins à Mareau-aux-Prés et 4 à Meung-sur-Loire).
Au chapitre de l’hivernage, citons le faible effectif obtenu pour le Canard colvert (2680 hivernants à la mi-janvier mais le fleuve, très haut, a perturbé le comptage). Le Cygne tuberculé semble avoir souffert de la grippe aviaire (« seulement » 415 hivernants) et se trouve maintenant dépassé par la Bernache du Canada qui bat des records (534 individus) depuis qu’elle n’est plus « régulée ». A noter que plus de 7200 Vanneaux huppés étaient présents dans le département à la mi-janvier (et 633 Pluviers dorés).
Les données hivernales de Huppes fasciées (2 sites, fin janvier) et de Grands Corbeaux sont également notables.
Les migrateurs rares n’ont pas boudé cette année 2025 : Aigle criard (3ème donnée connue), Sterne arctique (3ème donnée pour ce siècle), Labbe parasite (5ème pour ce siècle), Faucon kobez (7ème et 8ème pour ce siècle, dont la première donnée en migration postnuptiale), Vanneau sociable (8ème pour ce siècle), Plongeon arctique (9ème pour ce siècle), Guifette leucoptère (10ème et 11ème pour ce siècle), Fuligule nyroca (1 donnée), Ibis falcinelle (4 données), Goéland pontique (3 données), Pygargue à queue blanche (7 données), ...
La vedette de l’année fut cette Mouette de Bonaparte, en plumage adulte hivernal (photo), qui a séjourné du 16 au 18 mars à Saint-Jean-le-Blanc. C’est seulement la seconde observation de l’espèce dans le département après celle d’un adulte le 8 novembre 2015 sur cette même commune !
Mention spéciale pour le Busard pâle, observé à 5 reprises en 2025 ! Le vent de nord-est dominant en mars-avril a favorisé le passage de l’espèce (4 données du 14 mars au 18 avril). Une donnée postnuptiale, début juillet, est aussi intéressante.
Retenons l’observation rare de 20 Bernaches cravants le 6 février à Gien, le beau passage prénuptial de Bécasseaux de Temminck (au moins 5 individus différents en mai), le bel effectif de Bruants ortolans détectés en migration nocturne à Chécy (13 individus) tant au printemps (22 mai - 8 juin) qu’en été (17 août – 26 septembre), la présence de cette jeune Mouette pygmée précoce le 8 juillet à Orléans, de ces 4 Milans royaux tout aussi précoces le 11 juin à Gy-les-Nonains, de cet Engoulevent d’Europe tardif et encore présent à Ingrannes le 15 septembre, de ces 2 Grands Gravelots tardifs le 18 décembre 2025 à Sandillon, sans oublier la 4ème donnée connue de la sous-espèce orientale du Choucas des tours (Corvus monedula soemmeringii) le 6 décembre à Meung-sur-Loire et la 5ème donnée de Goéland de la Baltique (Larus fuscus fuscus) le 12 mars à Chécy.
L’automne 2025 a été marqué par une « descente » de fringilles nordiques : Tarins des aulnes, Pinsons du nord (jusqu’à 400 le 18 novembre à Chilleurs-aux-Bois) mais aussi Bec-croisés des sapins (5 données dont un groupe de 30 le 31 octobre à Seichebrières) et Sizerins flammés ou cabarets (13 données dont un groupe de 14 le 7 novembre à Saint-Jean-de-Braye). Le refroidissement de décembre 2025 a entraîné une descente sensible de Milans royaux (7 observations totalisant 12 individus).
A noter que le passage postnuptial des Grues cendrées a été entaché par plusieurs cas de grippe aviaire ayant entraîné une mortalité dont l’ampleur reste inconnue.
Plusieurs oiseaux bagués à l’étranger ont été observés dans le Loiret en 2025 : ainsi, des Mouettes rieuses d’Allemagne, dont une femelle de plus de 13 ans, et de Pologne, dont deux adultes nées en 2016 et devenues hivernantes fidèles à la Loire Orléanaise (dates extrêmes de présence : 10 juillet – 4 mars), et une jeune, baguée poussin le 24 mai 2025 à Opolskie, et présente dès le 15 juillet à Dry (distance parcourue : 1185 km en moins de 52 jours !).
Un Grand Cormoran bagué en Loire-Atlantique en mai 2024 a été observé le 4 janvier 2025 à Olivet. Deux Chardonnerets élégants porteurs de bagues anglaises ont été contrôlés à Cléry-Saint-André le 22 février et le 26 décembre. Un Vanneau huppé équipé d’une balise durant sa saison de reproduction 2024 dans l’Aisne a séjourné à St-Cyr-en-Val du 25 juin au 11 novembre 2024 : pour rejoindre son lieu d’hivernage au Portugal (Ponte de Sor) du 13 novembre au 18 janvier 2025, il a franchi les Pyrénées au-dessus du Pays Basque (alt 1875 m) le 12 novembre puis le 24 février 2025. Revenu sur son site de reproduction le 1er mars, il était de retour sur son estive loirétaine le 9 juin 2025 !
Terminons ce chapitre « bagues et balises » par la 3ème donnée départementale d’Aigle criard : un mâle adulte, bagué sur son nid en Estonie et équipé d’une balise, a traversé la France en novembre et décembre. Arrivé en Moselle le 27 novembre, il atteignit l’Aube le 10 décembre, l’Yonne le 16 puis le Loiret le 19, d’abord sur la commune d’Adon puis sur celle de Feins-en-Gâtinais où il résida jusqu’au 23 décembre (sans être vu malgré les recherches) avant de traverser Autry-le-Châtel et de rejoindre le Cher. Le 30 décembre, il avait atteint les Pyrénées-Atlantiques avant de passer en Espagne.
Voici, pour finir, quelques beaux effectifs notés en 2025 dans le département : 3750 Choucas des tours (!) et 125 Pies bavardes le 12 janvier, 54 Canards siffleurs le 21 janvier, 8 Bouvreuils pivoines le 25 janvier, 1900 Pluviers dorés le 2 février, 2000 Vanneaux huppés le 5 février, 150 Grives mauvis le 21 mars, 27 Mouettes pygmées le 13 avril, 95 Chevaliers guignettes le 5 mai, 6 Bécasseaux cocorlis le 13 mai, 20 Chevaliers gambettes le 2 juin, 210 Aigrettes garzettes le 23 juillet, 200 Martinets noirs le 20 juillet, 29 Chevaliers culblancs le 22 juillet, 8 Sarcelles d’été le 30 août, 700 Hirondelles de rivage le 31 août, 110 Canards souchets le 14 septembre, 54 Grands Gravelots le 21 septembre, 18 Buses variables le même jour, 6 Traquets motteux le 23 septembre, 53 Bécasseaux variables le 25 septembre, 255 Sarcelles d’hiver le 24 octobre, 195 Grèbes castagneux le 27 octobre, 500 Pigeons colombins le 5 novembre, 2750 Goélands leucophées et 275 Goélands bruns le 9 novembre, 147 Grèbes huppés le 15 novembre, 459 Foulques macroules le 6 décembre, 220 Hérons garde-bœufs le 15 décembre, 2800 Corbeaux freux le 17 décembre.
NB : diverses sources ont été utilisées pour cet article, dont Obs45.
Merci à tous les naturalistes qui partagent leurs observations !
Auteur : Lionel FREDERIC